L'Arctique vient de battre un triste record : celui de la plus petite superficie de glace de mer
jamais observée. Or il s'agit là de l'un des meilleurs indicateurs du réchauffement climatique en cours...
Couverture de la banquise en Arctique le 16 septembre 2007La moyenne mensuelle de 1979 à 2000 est représentée en
violet crédit : National Snow and Ice Data Center, 09/2007
Dès août, les observateurs s'inquiétaient de la fonte
précoce et jamais égalée de la glace de mer en Arctique. En effet, au 17 août, l'extension de la banquise arctique était de seulement 5,26 millions de km² alors qu'en septembre 2005, dernier
record enregistré, la superficie mesurée était de 5,32 millions de km². Or, le mois de septembre reste le mois où la diminution est la plus forte.
Selon les
dernières données du centre américain de recherches sur la neige et la glace (NSIDC), au 16 septembre, la couverture de la glace de mer avait une superficie de seulement 4,13 millions de km². Du
jamais vu ! Le déficit par rapport au précédent record de 2005 est de plus d'un million de km², c'est à dire une surface égale à cinq fois le Royaume-Uni ou l'équivalent de la Californie et du
Texas réunis.Walt Meier, membre du NSIDC, souligne qu'il "s'agit de la plus forte diminution par rapport au précédent record et c'est assez stupéfiant".Notons que d'après les observations
effectuées entre 1979 et 2000, la superficie minimale moyenne de la banquise arctique est de 6,74 millions de km² et apparaît vers le 12 septembre. Par rapport à cette moyenne, l'année 2007
accuse une diminution de 2,61 millions de km², dix fois la superficie du Royaume-Uni."C'est un changement dramatique en une année". Nous sommes certainement dans une tendance décroissante depuis
30 ans, mais la tendance s'accélère vraiment", poursuit Meier.
Rappelons qu'en
1978, lors des premières observations par satellite, la banquise couvrait alors 7,5 millions de km².
Vers une élévation du niveau des océans ?
Non, car la fonte de la glace dans l'eau ne modifie pas le volume occupé par cette dernière. Pour vous
en convaincre, vous pouvez faire fondre un glaçon dans un verre d'eau plein : le verre ne débordera pas pour autant.
Par contre, la diminution dramatique de la banquise arctique
est un bon témoin du réchauffement climatique et cette accélération "stupéfiante" ne laisse pas présager d'accalmie dans les changements climatiques. De plus, la modification de l'albédo de la
région Arctique, avec des surfaces "blanches" moins importantes va accélérer d'autant le réchauffement, dans un cercle vicieux ou rétroaction positive dans le jargon des scientifiques.
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